Introduction

              Tout d'abord, l'homosexualité définit une attirance sexuelle, un désir, un amour ou des relations sexuelles entre deux personnes du même sexe. C'est également un goût, une orientation sexuelle.
 Selon les époques et les cultures, l'homosexualité est relativement acceptée ou réprimée.
Aujourd'hui dans la société occidentale, l'homosexualité est acceptée à l'établissement d'un statut légal, alors que dans 88 pays encore, elle est réprimée, allant jusqu'à l'emprisonnement à perpuité voire même à la peine de mort. 

Dans le monde chrétien, jusqu'au début du XXème siècle, dans la plupart des civilisations, parler d'homosexualité, c'était rendre compte d'une réalité masculine hésitant entre des pulsions et des comportements "homophiles" et la pédérastie. D'une façon générale, ce comportement était condamné et fortement réprimé.
En revanche, dans l'Antiquité grecque, le modèle était la relation érotique et pédagogique d'un homme adulte mûr avec un jeune adolescent.

De cléobule, oui, moi, je suis amoureux,
Pour Cléobule je suis en délire,
vers Cléobule va mon regard,
Garçon au regard de fille,
je te cherche mais tu n'entends pas,
ignorant que de mon
âme tu tiens les rênes.

                       Anacréon, trad. dans Y. Battistini, Lyra erotica, p 246. 

La pratique normale de l'homosexualité dans le monde grec et romain n'était pas le fait d'une société particulièrement permissive, mais celui d'une morale sexuellement dictée par la politique. La sexualité masculine n'était pas envisagée en termes de norme et de perversion, mais en terme de conformité à un rôle, actif ou passif, déterminé par la position sociale et l'âge: l'homme libre-esclave, maître-élève.  

Depuis plusieurs années déjà l'homosexualité veut s'imposer. Elle a raison. mais ce qu'elle revendique vraiment, ce n'est pas de remplacer l'hétérosexualité comme norme culturelle, mais se proposer en tant qu'alternative possible parmis d'autres alternatives. 

ll n’est évidemment question pour personne de faire de l’homosexualité l’unique sexualité proposée quand elle espère juste atteindre un niveau d’égalité et de visibilité identique à celui de l’hétérosexualité. Elle voudrait juste être admise dans la norme au même titre que cette dernière.
Pourquoi l’h
omosexualité ne fait justement pas partie de cette norme ? Qu’est-ce qui l’en empêche ?

Avant tout, nous devons répondre à quelques questions. Qu’est-ce que la norme ? D’où vient-elle ? Pourquoi existe-t-elle ?
Il va sans dire que puisque l’humain vit en société, puisqu’il accommode son système de vie en accord avec ses proches à l’intérieur de structures organisées et précises, il a fallu très vite mettre au jour quelques idées qui permettraient de soutenir ces sociétés afin de leur accorder un minimum de durabilité. C’est à ce moment là qu’apparurent les lois et les 
normes. Les lois, c'est simple, elles concernent la convention officielle et administrative de la société en question. Alors que les normes, elles, s’attachent plus spécifiquement à la morale individuelle dans le but d’intégrer l’individu isolé à l’intérieur du groupe social. Si les lois sont strictement liées à la vie formelle, les normes se réservent le domaine abstrait – ce qui les rend non prouvables. Elles sont le fruit d’un consensus, d’une sorte d’entente cordiale entre les êtres constituant un groupe et peuvent différer d’un groupe à l’autre voire d’un moment à l’autre au sein même d’un groupe particulier.
Pour beaucoup, ce sont les hiérarchies religieuses qui établirent ces 
normes. Car ce sont elles qui formèrent les premières organisations morales des peuples afin de les porter vers le but qu’elles voulaient atteindre. Certaines, très spirituelles, permirent une plus grande liberté d’action et de pensée.

Partant de cela nous allons démontrer en quoi l'évolution des normes sociales et culturelles explique-t-elle les différentes attitudes face à l'homosexualité. Pour cela nous étudierons l'homosexualité dans l'Antiquité gréco-romaine, également au moyen-âge, aux XVIIIè et XIXè siècles et enfin de nos jours.