L'homosexualité aux XVIIIe et XIXe siècle: un début d'acceptation

Pour commencer, nous noterons qu'aux 18ème et 19ème, l’homosexualité était vue comme une maladie et non comme une relation normale. Cette relation était considérée comme immoralle et un péché aux yeux des sociétés. Nous sommes tous créés avec un besoin vital de relation avec autrui. Notre qualité de vie dépend de l'amour que nous partageons avec notre prochain et notre prochaine, que ce soit la famille ou des amis (-ies), des compagnons ou autres personnes. Mais les sociétés de ces deux siècles, elles, ne voyaient que pour la procréation et non pour les plaisirs : les femmes et les esclaves étaient propriétés des hommes.

Ensuite la révolution française de 1789 annonce un nouveau code pénal qui décriminalise l'homosexualité. La tendance sera confirmée même après lapromulgation du code de Napoléon en 1810. Mais malgré la fin des poursuites, les relations entre hommes sont toujours mal jugées par la bourgeoisie, les autorités religieuses et bien entendu la population. 

Puis, au XIX siècle l'homosexualité est synonyme de dégout, elle est rejetée et réprimée.Des cas ont été recensés dans l'armée, les classes ouvrières, les classes bourgeoises et dans le milieu artistique. Ces cas de plus en plus présent ont rendu l'homosexualité taboue. La population pensait que cette orientation sexuelle pouvait être contagieuse. Les établissements acceptant l'homosexualité (appelés plus communément "bordels") étaient fermés dès qu'ils étaient découverts. Les plus importants se trouvaient à Paris (exemple : la voie Suburane, le quartier de Subure, les arcades du Circus Maximum, le Vicus Patricius...)
En 1813 la Bavière dépénalise les relations sexuelles entre Hommes de même sexe. Puis 1848 en Angleterre, une relative amélioration se dessine puisque la peine de mort pour sodomie est remplacée par une peine de prison à vie. Et en 1885 encore en Angleterre, abolition de la prison a vie pour " acte de débauche " et instauration d'une peine maximale de deux ans de travaux forcés. Enfin en 1897 la fondation du comité scientifique humanitaire (FCSH) lutte contre les discriminations auxquelles sont confrontés les homosexuels.

Les philosophes des Lumières apportèrent un nouveau point de vue sur l'homosexualité, en effet ils ne la condamnent plus. Voltaire trouve des excuses à la pédérastie, mais il faut des limites afin de pouvoir continuer à se reproduire. Rousseau lui raconte qu'il fut répugné par deux jeunes hommes qui lui avaient fait des avances. Quand à Diderot il annonce : "Tout ce qui est ne peut être ni contre nature ni hors nature". Voici un extrait de l’œuvre de Diderot pour expliquer la phrase ci-dessus :

 

 

Bordeu.

Je ne gage pas, vous gagneriez. Oui, mademoiselle, c’est mon avis.

Mademoiselle de l’Espinasse.

Comment ! Soit qu’on se renferme dans l’enceinte de son espèce, soit qu’on en sorte ?

Bordeu.

Il est vrai.

Mademoiselle de l’Espinasse.

Vous êtes monstrueux.

Bordeu.

Ce n’est pas moi, c’est ou la nature ou la société. Écoutez, mademoiselle, je ne m’en laisse point imposer par des mots, et je m’explique d’autant plus librement que je suis net et que la pureté de mes mœurs ne laisse prise d’aucun côté. Je vous demanderai donc, de deux actions également restreintes à la volupté, qui ne peuvent rendre que du plaisir sans utilité, mais dont l’une n’en rend qu’à celui qui la fait et l’autre le partage avec un être semblable mâle ou femelle, car le sexe ici, ni même l’emploi du sexe n’y fait rien, en faveur de laquelle le sens commun prononcera-t-il ?

Mademoiselle de l’Espinasse.

Ces questions-là sont trop sublimes pour moi.

Bordeu.

Ah ! Après avoir été un homme pendant quatre minutes, voilà que vous reprenez votre cornette et vos cotillons, et que vous redevenez femme. À la bonne heure ; eh bien ! il faut vous traiter comme telle… Voilà qui est fait… On ne dit plus mot de Mme du Barry… Vous voyez, tout s’arrange ; on croyait que la cour allait être bouleversée. Le maître a fait en homme sensé ; Omne tulit punctum ; il a gardé la femme qui lui fait plaisir, et le ministre qui lui est utile… Mais vous ne m’écoutez pas… Où en êtes-vous ?

Mademoiselle de l’Espinasse.

J’en suis à ces combinaisons qui me semblent toutes contre nature.

Bordeu.

Tout ce qui est ne peut être ni contre nature ni hors de nature.



Cet extrait de l’œuvre qui se nomme Le Rêve d’Alembert est un entretien entre Alembert et Diderot. Diderot donne son point de vue sur l'existence de l’homme. Alembert renonce à la croyance d'un être suprême. Diderot tente en vain d'instaurer un débat sur le transformisme avec Alembert. Puis la fin du dialogue résume le problème de l’époque. Alembert face à de telles réflexions sur l'homme choisi la simplicité et va se coucher. A son image, l’homme du 18ème renie les théories évolutionnistes face à leurs complexités.

Diderot (tout comme Lamarck) pense que l'homme a besoin de la nature pour se développer. Pour le démontrer, Diderot prend l'exemple de son géomètre. Ainsi, il prouve que l'homme n'existe que grâce à certaines actions mécaniques telles que "manger".

Enfin, au 19ème siècle et contrairement au 20ème siècle, la France fut un pays précurseur en matière de tolérance et sa législation fut la seule en Europe (et dans le monde) à ne pas condamner l'homosexualité en tant que telle. Actuellement nous sommes encore très loin d'une société acceptant l'homosexualité comme un comportement naturel et normal.